
14 avril 2026
Atelier Sciences & Décideurs (2ᵉ édition)
Des démarches et outils innovants pour l’aide à la décision dans l’objectif de préservation de la biodiversité
Du 11 au 13 mars 2026, le projet Varuna_Science de la durabilité porté par l’IRD a réuni à Ampefy une vingtaine de chercheurs et de décideurs à l’occasion de la 2ᵉ édition de l’Atelier Sciences & Décideurs. Trois jours d’échanges, d’expérimentation et de réflexion collective pour renforcer un enjeu clé : le dialogue entre production de connaissances et prise de décision.
Un objectif commun : mieux relier science et décision
La préservation de la biodiversité ne se joue pas uniquement sur le terrain. Elle dépend aussi de la capacité à faire dialoguer efficacement celles et ceux qui produisent les connaissances et ceux qui les traduisent en actions concrètes. Cet atelier s’inscrit dans une dynamique engagée depuis 2022 à Madagascar pour renforcer les liens entre science, société et action publique.
Après une première édition consacrée à l’identification des leviers d’amélioration de ce dialogue, cette deuxième édition a marqué un changement d’approche : passer de la réflexion à la mise en pratique, en mettant en avant des outils et démarches directement mobilisables.
Une approche immersive pour expérimenter la prise de décision
L’un des temps forts de l’atelier a été de placer les participants en situation réelle ou simulée de prise de décision.
À travers des formats participatifs comme les jeux sérieux et le théâtre forum, les participants ont pu expérimenter concrètement les dynamiques, contraintes et interactions propres aux processus décisionnels en matière de biodiversité.
Ces mises en situation ont permis de :
- mieux comprendre les logiques et temporalités propres à chaque acteur,
- identifier les points de blocage ou d’incompréhension,
- et tester des modes d’interaction plus fluides et collaboratifs.
Un moyen concret de dépasser les échanges théoriques pour entrer dans une logique d’apprentissage par l’expérience.
Des outils opérationnels au cœur des échanges
Au-delà de l’expérimentation, l’atelier a également permis de présenter et de prendre en main plusieurs outils d’aide à la décision, directement mobilisables dans les contextes professionnels des participants.
Parmi eux :
- la cartographie participative, pour intégrer les connaissances locales dans les processus de décision,
- les indicateurs de gestion des aires protégées et de transfert de gestion,
- les démarches de Living Labs, favorisant la co-construction de solutions entre acteurs.
Ces outils ont été présentés à travers des retours d’expérience et des échanges, permettant aux participants d’en saisir les conditions d’utilisation, les limites et les potentialités.
Vers un dialogue pérenne entre acteurs de la biodiversité
Au-delà des outils, l’un des enjeux majeurs de cette édition était de réfléchir aux conditions permettant d’inscrire ce dialogue science-décision dans la durée.
Une table ronde dédiée a permis d’ouvrir la discussion autour d’une question centrale : comment passer d’initiatives ponctuelles à un véritable réseau d’échanges structuré et durable ?
Les participants ont notamment souligné :
- l’importance de créer des espaces réguliers de dialogue,
- le rôle des acteurs intermédiaires dans la traduction entre science et décision,
- et la nécessité d’adapter les formats et les outils aux réalités des territoires.
Un atelier au cœur de la dynamique Varuna
En réunissant chercheurs, décideurs et acteurs intermédiaires autour d’objectifs communs, cet atelier illustre pleinement l’ambition du programme VARUNA : renforcer les synergies entre science, politiques publiques et actions de terrain pour freiner l’érosion de la biodiversité dans le sud-ouest de l’océan Indien.
Plus qu’un simple temps d’échange, cette 2ᵉ édition marque une étape importante dans la structuration d’une communauté d’acteurs capables de collaborer, d’innover et de co-construire des réponses adaptées aux défis environnementaux.
Au-delà des contenus, une idée traverse l’ensemble des échanges : la qualité des décisions dépend aussi de la qualité des interactions.
Investir dans le dialogue, dans les outils et dans les compétences n’est pas un “à côté” de la préservation de la biodiversité, c’en est une condition.
Et c’est précisément dans ces espaces de rencontre, d’expérimentation et de co-construction que se dessinent des réponses plus adaptées, plus partagées et plus durables.